[*]

C'est la réouverture, festoyons gaiement.

Mais que l'on s'entende, différemment.

Car les mots ne s'entrechoquent guère, non, je les sème à présent...qu'ils errent. Parce que je ne sais plus écrire, non, mes phrases empestent la platitude, vraiment, mes phrases usées n'aguichent plus sinon...je serais loin, bien loin, depuis longtemps...et aux prodromes de mes révolutions, je danse, je danse...nonchalante, nonchalante, arborescente à souhaits, éminente, éminente, que me sied la répétition, maintenant que les mots ont cessé de s'entrechoquer, depuis longtemps, longtemps, longtemps...mais nous on veut du temps, tu sais, on en est avide, on veut respirer de la minute, tu sais, inhaler l'éternité de tes instantanés...succédanés de mes angoisses...vous pouvez disposer. Car je suis entrée dans l'éternité, vraiment, et me répète, c'est inlassable. Dérision, dérision, pourrais-je te tordre le cou, encore une fois...mais j'ai cessé de te magner... et les machabées me font horreur. Vraiment.
Attends, attends, et virevolte, et vole ou vote, telle est la question. Attends, attends, suis-je sotte, ma hotte emplie craque de révolte, mais ôte, ôte mes jouets, suis-je sotte, il n'est plus temps de jouer...alors trotte, trotte, la moribonde, et sans façons s'il-te-plaît...au pas, au pas, te dis-je, au pas. Et je cesse de m'escrimer, vraiment, faisons dans le morne, le maussade, seulement..."Je songe à ma maîtresse, Va, ma colère cesse", Matamore de mes tristesses. Enjouée, toujours, déjouer, un jour...potable, potable, que je m'abreuve. Sans façons, sans façons.

Et je me contenterai d'évoquer, placide, les heurs et bonheurs d'un quotidien périmé.

# Posted on Sunday, 01 November 2009 at 5:37 PM

*

Et les notes s'entrechoquent comme de vielles comparses. Parce que ce sont les amitiés les plus anciennes - et cela ne fait pas l'ombre d'un doute - ce sont ces amitiés qui se rongent et se dévorent inéluctablement. Et ce ne sont que des notes qui longtemps ont bercé, rythmé même, les amitiés rétrospectives. Elle aime à entrevoir le monde à rebours, puisque l'âpre quotidien ne manque plus d'être empli d'une monotonie sans précédents. Il y eut les mélodies harmonieuses, les paysages pittoresques et cette pluie fantasmagorique qui perlait les rêves d'opprobe. Il n'y a plus rien, le grand horloger est en grève - c'est de la dernière mode - le présent se fige et se vide peu à peu de son essence, merci, bonsoir, à dans un an et demi.

Et les notes s'entrechoquent, percutantes, et s'embrasent. Parce que tout lecteur n'est qu'un semblant de "mOi" et fait pâle figure à côté de cet enchevêtrement de mots, il n'existe pour ainsi dire pas. Mais le lecteur est aussi un "mOi" délocalisé, les fragments de consciences s'agencent aisément, et moi, moi, je n'existe pas. Et tant pis pour tout cela, si moi, je n'existe pas. Le monde est bien triste puisque je ne suis pas. Et j'irai sommer Descartes de m'expliquer si je peux penser, bien que n'existant pas. Et si je peux rêver. Il faut bien que je le puisse, rêver, surtout si je peux penser, puisque rêver signifie aussi méditer, et les acceptions des mots s'entrechoquent, comme les notes.

Et les notes s'entrechoquent, enchaînées au hasard. Parce que l'on pourrait pleurer, de ces plaintes poignantes et mélancoliques, pour des yeux bleus, rien que pour des yeux bleus. Et l'on pourrait s'user, s'érinter tristement, pour des yeux bleus, rien que pour des yeux bleus. Et l'on pourrait se taire, écouter les silences qui battent la cadence, pour des yeux bleus, rien que pour des yeux bleus.

Et les notes s'entrechoquent, ivres d'un trop plein de mémoires. Parce qu'elle feuillette les catalogues datés, son esprit vagabonde, librement, à souhaits. Elle aime la redondance, elle aime les clichés. Mesdames et Messieurs, applaudissez, applaudissez bien fort les photographies métaphoriques d'une jeune fille désabusée.

Et les notes s'entrechoquent.
Les notes s'entrechoquent.
S'entrechoquent.
Choc *

# Posted on Wednesday, 21 November 2007 at 12:15 PM

Lorsqu'il faudra songer à déserter l'arène.

Je ne m'aventurerai pas à dire "je n'actualise pas souvent mon blog ces temps-ci". J'ai une sainte horreur de l'évidence.
Je ne m'aventurerai pas à dire "Pardonnez-moi de ne pas actualiser mon blog ces temps-ci". J'ai une sainte horreur des fausses excuses, qui en l'occurence n'ont nullement lieu d'être. Personne n'est indispensable.


Solitude, c'est comme une rengaine psalmodiée en silence. A s'assoir sur le bitume glacé d'un parvis d'école, réajustant une jupe élimée sur le devant. A respirer l'air empestant la fumée de cigarette, un écouteur niché dans le creux de l'oreille, l'autre pendant négligemment le long du corps. Le regard affable et nonchalant à la fois. Les mains fourrées dans les poches d'un blouson usagé, une chaussure de toile qui menace de se trouer à tout moment. On observe, on s'approprie le quotidien fomidable d'une génération m'as-tu-vu à l'air décontracté et aux sous-entendus grinçants.


Un an déja.



JE ME SOUVIENDRAI DES BEAUX JOURS


lorsqu'il faudra songer à déserter l'arène

# Posted on Wednesday, 24 October 2007 at 10:51 AM

Edited on Wednesday, 24 October 2007 at 11:02 AM

[Interlude]

Assise sur un banc, ravalant mon chagrin
Un jardin parisien pour décor anodin
Il me parle longtemps et j'entends sa rengaine
La pluie et le beau temps, mais je l'écoute à peine.

Assise sur un banc, tête désapointéee
Toge charismatique à la hâte enlevée
Rangée pour le moment dans l'important grenier
Des souvenirs d'Antan, des illusions radiées.

Aujourd'hui s'évapore et me laisse, érintée,
En furieux tête à tête avec ma dignité
La tête dans les bras, j'entrevois mal le Monde.

Une voix qui m'appelle, je m'enfouis plus profond
Qu'ils s'inquiètent après tout, s'ils sont tellement bons
Je ferme les paupières et compte les secondes.

# Posted on Monday, 08 October 2007 at 12:16 PM

Edited on Tuesday, 09 October 2007 at 12:55 AM

Peut-être certaines gens n'ont-ils plus rien à gagner auprès des personnes avec lesquelles ils vivent; après leur avoir montré le vide de leur âme, ils se sentent secrètement jugés par elles avec une sévérité méritée; mais, éprouvant un invincible besoin de flatteries qui leur manquent, ou dévorés par l'envie de posséder les qualités qu'ils n'ont pas, ils espèrent surprendre l'estime ou le coeur de ceux qui leur sont étrangers, au risque d'en déchoir une jour. - Balzac.

« La rentrée est un tourbillon qui happe mon âme, et ce c½ur éc½uré par tant d'aigreur s'affranchit de rêves éphémères...Et l'ombrageuse passion fantastique qui assaillait jadis... ».
J'arrêterai là ce lyrisme déplorable, style démagogique à souhait, en ceci qu'il enchante aisément le c½ur de piètres adolescentes rêveuses et tourmentées, et qu'il alimente le bonheur agaçant de tourtereaux écervelés. C'est qu'il faut bien tenir son rang, et je n'ai que faire d'admiratrices sempiternelles ; et je n'ai que faire de folles amours qui ne manquent jamais d'être imprégnées d'un romantisme passé de mode. Le mois de septembre ne fut que veillées tardives employées à griffonner des résultats aussi improbables que navrants, des phrases douteuses et trébuchantes, des pensées glauques et enivrantes. Ni plus ni moins. Le lycée m'horripile. Je ne conçois pas qu'Ils (pluriel de tyrannie il paraît) n'aient jamais eu la présence d'esprit de graver à son fronton : « Au calvaire qui commence ». Cependant, il n'y a guère lieu de parler d'un quelconque lycée qui représente, en somme, aucune sorte d'intérêt. Mais comme le propre d'un blog est de mettre en valeur la façade inintéressante d'un être, laissant ce qui en fait l'essence même dans le domaine du non-dit, je m'acquitte fort bien de la tâche. Les journées se succèdent, creuses et harassantes, tantôt dans des salles de cours non chauffées, tantôt sur les bancs d'une cour non-chauffée, cela va de soi. On nous présente à coup de métaphores douteuses des interprétations saugrenues de textes sibyllins, et nous invite à consulter matin et soir ce que l'On semble considérer comme la Bible de l'anglais. Je me permettrai de rester dubitative quant à la véracité de cette dernière assertion. En outre, j'ai compris que l'Art, c'était tout ce qi ne se mangeait pas. Aucun changement notable sinon. Les sciences physiques et la chimie continuent à m'exacerber au plus haut point, et je devine le 3, dans toute sa splendeur pythagoricienne. Je le sens s'approcher de jour en jour, d'heure en heure même, et qui me lance à la volée : « Tu ne feras jamais rien qui vaille dans la vie si ce n'est perdurer dans ton mouvement de nullité légendaire, et cela même au repos (ndlr : un mouvement au repos !). Les moles de carbone hanteront tes cauchemars car elles sont l'allégorie même de la divinité absolue, et quand viendra l'heure du jugement dernier, tu imploreras : « Mon Dieu, pardonnez-moi, mais j'ignore l'auguste moyen de calculer la masse molaire du chlorure de sodium. Soyez clément, mon Dieu, faîtes preuve de cette mansuétude tant louée dans les livres sacrées ». Et les éprouvettes sonneront contre les béchers admirables, glorifiant les heureux élus dont l'accès au Paradis sera autorisé, puisque ils ne seront pas sans connaitre les numéraux atomiques des éléments connus ». On le comprendra, la physique est un savoir essentiel, et la chimie élève les âmes. C'est pourquoi je suis inculte, méchante et immorale...Aux abords du lycée, une bande d'espèces d'adolescents fumeurs prend air supérieur, pensant assurément qu'elle fait partie intégrante de la génération « cool », à l'aune de ce XXI° siècle. Mais si l'on revient à l'acception première du vocable « cool », la réalité est tout autre : « cool », d'après la Bible Karolingienne, « has a temperature which is low but not very low ». On est à des années lumières de la chaleur qu'une cigarette peut potentiellement créer. J'ai donc l'extrême regret d'annoncer aux fumeurs qu'ils ne sont définitivement pas « cool ». Ils peuvent, à la limite, être considérés comme « hot », ce qui suggère un immense épanouissement or*asmique très peu probable dans un lycée tel que le mien... Je ne parlerai point de ce qui fait de moi une personne riche, profonde et intéressante, puisque ce n'est pas sous ce jour que j'ai coutume de me montrer ces temps-ci, du lundi huit heures au samedi dix heures. Je ne dirai rien des lectures passionnantes, des mélodies enivrantes qui ½uvrent à ma survie. Je ne mentionnerai pas ma métamorphose habituelle en tricoteuse de notes, si tôt rentrée chez moi. Je passerai sous silence les amies si chères à mon c½ur que je ne parviens pas à voir, ni parfois même à appeler, faute de temps et d'enthousiasme. Je ne ferai pas grand cas des promenades parisiennes, et puis des pensées, et puis des rêves. Le lyrisme revenant à grand galop, je m'arrêterai là.





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Peut-être certaines gens n'ont-ils plus rien à gagner auprès des personnes avec lesquelles ils vivent; après leur avoir montré le vide de leur âme, ils se sentent secrètement jugés par elles avec une sévérité méritée; mais, éprouvant un invincible besoin de flatteries qui leur manquent, ou dévorés par l'envie de posséder les qualités qu'ils n'ont pas, ils espèrent surprendre l'estime ou le coeur de ceux qui leur sont étrangers, au risque d'en déchoir une jour. - Balzac.

# Posted on Wednesday, 03 October 2007 at 10:35 AM

Edited on Wednesday, 03 October 2007 at 11:38 AM